AJPFF
 
 
Fanes de carottes N°5
Printemps 2020
 
Le mot du Président
 
Voici donc un nouveau numéro de Fanes de carottes, le numéro 5, préparé alors que nous étions encore fermés pour certains et en pleine réouverture pour d’autres. La bonne nouvelle est arrivée hier et désormais tous les jardins peuvent rouvrir!

Nous avons tous souffert des annulations et – dans le meilleur des cas – des reports de réservations. Rien pourtant n’est irréversible et, si nous restons un tant soit peu optimistes, il est possible de penser que des jours plus favorables reviendront bientôt.

Le deuxième semestre 2020 devrait voir se concrétiser plusieurs rendez-vous importants. Outre notre Assemblée générale qu’il faudra bien tenir d’une façon ou d’une autre, le colloque de Chambord devrait permettre de rassembler des propriétaires et gestionnaires autour de thèmes aussi riches que la conservation et la gestion de jardins potagers et fruitiers historiques. D’autre part, il faudra également envisager notre journée technique, si le colloque de Chambord ne peut en tenir lieu. Enfin il faudra absolument reprendre, et achever, nos négociations avec la Fondation du Patrimoine, dont dépend, pour une part, notre avenir.

Il me reste à vous souhaiter une bonne reprise de vos activités en préparant les Journées du Patrimoine qui auront lieu, je vous le rappelle, les 19 et 20 septembre prochains.

Marc Forissier
 
 
Flâneries potagères
Lauris : un conservatoire des plantes tinctoriales
 
 
Lauris est une commune du Vaucluse, perchée sur un éperon rocheux, à un jet de pierre d’Aix en Provence. Village le mieux fleuri du département, c’est aussi la capitale de la couleur naturelle grâce à la présence d’un château éponyme et de son jardin botanique dédié aux plantes tinctoriales.

C’est une association – Couleur Garance – qui gère depuis plus de 20 ans ce jardin de plantes tinctoriales, unique en Europe, et labellisé « Jardin Remarquable ».
S’agit-il d’un potager classique au sens où nous l’entendons généralement ? Plutôt d’un conservatoire, s’articulant autour de la culture d’environ 250 plantes dont on extrait une couleur. Il s’agit aussi d’un centre de formation dispensant un savoir-faire concernant trois principaux thèmes : teinture des textiles, jardinage et botanique, beaux-arts.

Une palette végétale

Intéressons-nous à l’aspect botanique de quelques couleurs. Le rouge, tout d’abord. Dans tout le bassin méditerranéen, la garance (Rubia tinctorum) est la plante du rouge par excellence. Sa racine fut cultivée en France dès le Xème siècle avant de disparaître au XIIIème. Elle réapparut au XVIIIème, réintroduite par un réfugié Arménien. Celui-ci vendit sa première récolte à un fabricant d’indiennes installé à Orange. A la fin du XIXème siècle les départements du midi en produisaient près de 25.000 tonnes. Au début du siècle dernier, le rouge de synthèse a supplanté le rouge végétal. Aujourd’hui la garance redevient une plante intéressante à cause des préoccupations écologiques.

Le bleu était la couleur des barbares à Rome, puis celle d’un Dieu de lumière chez les Chrétiens. Il devint symbole de pureté et d’immatérialité porté par les rois de France. Les bleus sont tirés de plantes à indigo qui n’ont aucun lien de parenté botanique entre elles. Le pastel (Isatis tinctoria) est voisin du chou tandis que les indigotiers des régions tropicales (dont Indigofera tinctoria) sont des Fabacées. La molécule d’indigotine a, dit-on, des propriétés anti-cancéreuses et répulsives. Les hommes bleus du désert, vêtus de bleu foncé, utilisent la molécule d’indigotine et se protègent ainsi des températures élevées. Ajoutons que plusieurs plantes, qui colorent en bleu, conservent encore leur mystère. Il en est ainsi de la mercuriale vivace (Mercurialis perennis), de la scabieuse succise (Succisa pratensis), ou du croton (Chrozophora tinctoria) qui font toujours l’objet de recherches.
 
 
Couleurs mal-aimées et idées préconçues

Le jaune est très apprécié en Asie, c’est la couleur de l’empereur de Chine. En Europe, le sentiment est plus mitigé. Il représente le déclin. Au XIVème siècle on peignait en jaune les maisons des faux monnayeurs. Quelques familles de plantes ont conservé la propriété de fabriquer des colorants jaunes d’un type particulier. Les colorants alcaloïdes des Papavéracées et des Berbéridacées sont de puissants actifs conférant à ces végétaux une propriété anti-bactérienne efficace.

Dans ce jardin de Lauris il faut se promener sans idée préconçue. Les plantes rouges ne donnent pas toujours du rouge, les plantes jaunes pas forcément du jaune, même si parfois c’est le cas. Ainsi la buglosse d’Italie (bleue) donne du bleu, la coquelourde (rose) donne du rose. Mais l’Asperula tinctoria, fleur blanche, donne du rouge et le sumac de Virginie dont la fleur est rouge donne du noir. Vous en apprendrez beaucoup plus en vous rendant sur place.
N'hésitez pas à faire un détour pour visiter ce jardin, il vaut le déplacement de même que la disponibilité et la compétence de tous ceux qui sont en charge de son entretien.
 
Côté pratique
 
Attention : le jardin est actuellement fermé, pour mieux accueillir en 2021
Le jardin de Lauris c’est aussi, nous l’avons souligné, un centre tourné vers l’initiation, la formation, et la transmission des savoir-faire concernant les techniques de teintures. Des stages payants de plusieurs jours sont organisés à la demande.
Il serait trop long de décrire en détails les programmes pédagogiques mis à la disposition des demandeurs, vous pourrez les connaitre en cliquant ici.
Marc Forissier
 
 
Patrimoines gastronomiques
 
 
 
Gilles Debarle, notre trésorier, a publié dans In Situ Revue des patrimoines un témoignage intitulé "La biodiversité au service du goût. Quelle place pour les anciennes variétés de fruits et de légumes ?"

    Splendeur, décadence et retour en grâce :
trois périodes dans l’histoire des variétés anciennes
1840-1939 : une profusion de variétés nouvelles
Vers une disparition programmée
Un retour en grâce, lent et contrarié

 Les conditions d’un retour durable
Les conditions politiques et juridiques
Biodiversité et transition écologique : vers une nouvelle relation avec le vivant
L’enjeu sanitaire et nutritionnel
Quelle organisation pour une évolution durable des variétés anciennes ?

    Le jardin, lieu de rencontre entre le public et la biodiversité cultivée
Les premiers lieux pour présenter la biodiversité cultivée
Montrer la biodiversité cultivée face au changement climatique

  Du jardin à la cuisine
Sensibiliser le cuisinier à la biodiversité cultivée
Proposer de nouvelles recettes avec des variétés anciennes
 
 
Potaformation
 
 
 
Pour sa huitième édition - déjà ! - notre journée technique méritait bien une étape en Normandie. De nombreux adhérents, dynamiques et innovants, de cette région, animent notre association depuis sa création. Nathalie Romatet (Miromesnil) n'a-t-elle pas été notre première présidente ?

C'est l'abbaye Saint-Georges de Boscherville, propriété du Conseil départemental de Seine-Maritime, qui nous a accueillis le 21 novembre 2019 dans son havre de paix, un décor typiquement normand, à quelques encablures seulement de Rouen, même si les méandres de la Seine peuvent obliger les égarés à la traverser en bateau …

Quel dépaysement si près de Paris et quel accueil ! La visite du jardin, entretenu par un chantier d'insertion, fut un enchantement. Merci au Département, à Marie-Laure Sucré, Thierry Hay et Serge Conreur pour leur convivialité, qui donne juste envie d'y faire de nouveaux détours …

Le bio était au programme de la journée. Il était important de mettre tous les membres au même niveau d'information avec quelques-uns des meilleurs spécialistes, de l'INAO et du GNIS, pour connaître les rôles de chacun et la progression à deux chiffres du secteur. La présentation de jardins de Normandie conduits en bio a permis de montrer tout l'intérêt de la démarche, pleine de sens pour des visiteurs avides de nature, jusque dans l'assiette.

Retrouvez les documents des interventions de l’INAO (1) INAO (2), du GNIS (1) GNIS (2) et du Grand Daubeuf.
 
 
Potamatériel
 
 
 
La houe maraîchère : un outil simple et efficace !

Nous l’avons découverte ou plutôt redécouverte au début du printemps et ne la lâchons plus. Maintenant, bien-sûr, nous n’appliquons plus de désherbant et c’est une bonne chose. A La Bussière, nous avons beaucoup d’allées sablées, des broderies d’herbe décorées de passe-pieds, peu de jardiniers et tout cela à la binette ce n’était pas possible ! Il fallait se mécaniser, la houe maraichère a été la solution. Elle permet un désherbage 3 fois plus rapide et surtout avec beaucoup moins d’efforts et de fatigue physique car elle est adaptable à la morphologie de chacun.

La houe maraîchère est un outil ancestral, déjà utilisée par nos arrière-grands-parents, elle est aujourd’hui très présente en maraîchage biologique. Le principe est très simple : une roue à l’avant pour porter le poids de l’outil, un guidon pour permettre à l’utilisateur de travailler en gardant le dos droit et un système de fixation pour différents outils, facilement interchangeables : sarcloir oscillant, sarcloir patte-d’oie, griffe, buttoir…
Nous ne l’avons utilisée jusqu’à présent que pour du désherbage avec deux lames différentes : l’une de 30cm et l’autre de 70cm permettant de s’adapter à la surface voulue. Très rapidement, nous allons ajouter de nouveaux outils pour faciliter le nettoyage des rangs de légumes.

Elle est aujourd’hui en vente dans les magasins spécialisés en maraîchage ou sur internet donc très facile à se procurer et n’est pas très onéreuse par rapport au service rendu.

Et finalement à La Bussière, nous n’avons rien inventé, voici ce que nous avons retrouvé dans une remise….bien usée, mais qui avait la même utilité !
Laure Bommelaer
 
 
Pota-divers
 
 
Extrait d’un courrier du CPJF en date du 11 mai 2020
Informations demande de soutien

Chers amis, présidents et présidentes,
Quelques nouvelles, quelques informations.
Je tenais tout d’abord à vous remercier d’avoir bien voulu transmettre notre appel à vos membres. Une cinquantaine de parcs nous a répondu à ce jour. Ces réponses, quoique partielles, constituent un volant suffisant pour pouvoir recaler les données en notre possession et, par extrapolation, obtenir des évaluations significatives sur l’ensemble des parcs et jardins en France. Cela nous a permis d'ores et déjà de transmettre au Ministère une première estimation des pertes subies par les parcs au printemps : entre 4 et 5 M€ par mois, soit entre 12 et 15 M€ pour le printemps. Les données fournies par les parcs nous indiquent, par ailleurs, et avec les mêmes extrapolations, une charge salariale maintenue de l’ordre de 1 M€ par mois sur l'ensemble de la France, soit 3 M€ pour les trois mois du printemps. Cela nous donne une fourchette de l’aide nécessaire pour compenser l’effet Covid-19 : entre 3 et 15 M€ pour les parcs et jardins privés. Nous poursuivrons nos sollicitations sur la base de ces chiffres.
 (...)
Quelle que soit l’annonce gouvernementale, nous nous battrons pour que tous les parcs qui le souhaitent puissent ré-ouvrir avant la fin du printemps. Enfin, une fois la réouverture acquise, il restera à gagner la bataille de la communication, afin que le public, d’abord de proximité jusqu’au 2 juin, plus largement ensuite, retrouve le chemin de nos jardins. Enfin nous poursuivrons notre action pour venir en aide aux parcs qui ont eu le plus à souffrir financièrement de leur fermeture obligée.
Bien Ă  vous
Geoffroy de Longuemar
Vice-président du CPJF
 
Réservation en ligne des visites 
 
Le potager de Grand Daubeuf a créé un moyen simple et rapide pour la réservation en ligne des visites. Vous pouvez contacter Guillaume Baschet-Sueur pour davantage d'information.

Communication sur les réseaux sociaux
 
Nous vous suggérons d'utiliser sans modération les # suivants :
#potagersdefrance (bien Ă©videmment !)
mais aussi (liste non limitative) :
#potager #potagers #jardinpotager #cetetejevisitelafrance
#visitagarden #kitchengarden #kitchengardens #vegetablegarden
 
 
 
Un nouveau prix pour les jardins
 
 
 
Le Prix du Patrimoine Paysager et Ecologique de la Fondation Etrillard, a pour objectif de soutenir tout projet de restauration de domaine historique paysager mené dans un souci écologique en France ou en Suisse.
Inscription et dossier de candidature
 
 
Potagenda
 
Colloque  européen sur la conservation des jardins fruitiers et potagers historiques le 15 octobre 2020 au château de Chambord

Les Amis du Potager du Roi et le réseau des Walled Kitchen Gardens organisent un colloque européen sur la conservation des jardins fruitiers et potagers historiques. Ce colloque est réalisé en collaboration avec le Domaine national de Chambord à l’occasion de l’inauguration de ses nouveaux jardins-potagers. Il est également soutenu par Potagers de France et d’autres associations patrimoniales nationales.
 
 
 
Potamédia
 
 
 
Trésors en héritage depuis Villandry, dans le Val de Loire
 
Parmi ces « Jardins en Val de Loire », Potagers de France est à l’honneur avec les jardins de sept de ses membres : le château de La Bourdaisière, les Jardins-Potagers de Chambord, le Domaine régional de Chaumont-sur-Loire, le jardin du presbytère de Chédigny, le château de Chenonceau, le château de Valmer et le château de Villandry.
 
 
 
 
Retrouvez vos vieilles Fanes de carottes sur
http://www.potagers-de-france.com/coups-de-projecteur/archives
Merci de contacter marielaetitiabataille@gmail.com pour toute contribution.
http://www.potagers-de-france.com/
 
 
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